9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 17:28

Je ne pensais pas rédiger deux billets de ce type la même année, mais comme vous tous, je suis soumise à certaines secousses plus ou moins intenses dans ma vie.

Celle que je traverse actuellement est du genre hyper intense. 

Bien évidemment, ce blog étant public (et surtout plus vraiment anonyme), je ne peux partager ce que je vis. Je n'ai pas non plus la capacité de transformer ces choses en joli, en drôle, en aimable et de les déposer ici. Cela viendra peut-être un jour, quand j'aurai renoué avec le concept de légèreté (plutôt qu'avec celui de l'enclume). 

Je fais donc une pause avec ce blog, je ne sais pas quand, comment je le reprendrai, ni même si ce sera jamais le cas. 

MAIS (lisez encore, c'est là que vous intervenez)

ce lien fort et désinteressé, ce sentiment de proximité que vous avez pu parfois ressentir en venant ici, tout ce qui fait que nous ne sommes pas que dans de l'échange virtuel mais dans une affection véritable et sincère, je ne veux pas le laisser derrière moi. Il est trop rare dans le monde qui est le nôtre (fucking monde d'image et de paraître). 

J'ai aujourd'hui besoin de toutes les forces possibles pour retrouver la mienne.

Alors, si certains d'entre vous ont envie de m'envoyer un peu de leur vie, de leurs impostures, de leurs petites trouvailles, si vous avez envie de vous épancher, de discuter, anything, je suis joignable via la ligne contact juste à droite de votre écran. 

Ah...

Et aussi...

Je cherche du travail sous n'importe quelle forme et je suis super motivée.

Mais va falloir vous creuser parce que je ne sais rien faire à part...

A part ce que vous savez (ouais bon).

Voilà, quand j'ai créé ce blog, Christie, qui en tenait un depuis longtemps, m'avait dit:

"Ton blog te permettra de jeter des bouteilles à la mer. Si tu veux quelque chose très fort, dis-le, et qui sait..."

C'est chose faite.

Ah, et juste un conseil, le seul et unique que j'aurai jamais laissé dans ces pages...

Il est toujours plus utile de se demander pourquoi l'autre a agi comme il a agi que de le juger.

Et c'est valable aussi pour soi-même.

Portez-vous bien les merveilleux. 

 

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 00:52

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Oui oui, vous avez bien lu. 

Lau et moi venons de réitérer notre phénoménal exploit de l'année dernière.

Cette perspective délirante, fantasme inassouvi pour les uns, improbable cataclysme calorique pour les autres, consistant à faire sur une journée le tour des meilleures pâtisseries parisiennes, nous l'avons renouvelée.

Dans les rues de Paris surchauffées par un soleil déchaîné, les passants furent nombreux ce mardi de juillet à nous applaudir tout au long de notre trajectoire. 

Les voilà, les voilà!!!!

La caravane de folles a sévi une fois encore.

Plus entraînées que pour le Tour de France, avec pour tout dopage notre seule motivation, nous avons marché-dégusté à n'en plus pouvoir, finissant à bout de force - mais heureuses - notre insensé périple.

Pour le choix des pâtisseries, nous avions réuni la fine fleur de nos envies et des suggestions glanées à droite à gauche, nos principales sources ayant été bien sûr l'incontournable blog de Louise raids-patisseries.com, le Figaroscope, le "buzz" général et certains Coupsdefoodeurs avisés comme Pau, Chipie Chic ou encore Jean-Phi. 

Un algorithme complexe nous a permis de régler la question du parcours et nous a obligées à transiger sur certains quartiers. Nous avions cependant l'ambition de caser une séance de cinéma (pour manger tranquillos des sablés), mais on n'a pas trouvé de film durant moins de 7 minutes. 

Le Kiff Tour, faut-il le préciser, n'a d'autre ambition que de nous faire plaisir et d'autre prétention que de rapporter nos propres perceptions.

Trêve de préambule, venons-en au Jour J.

Je me lève très tôt et après une rapide lecture des centaines de messages de soutien qui nous parviennent du monde entier ("Courage les filles"; "On pense à vous", "On est tous avec vous", "J'aurais tant aimé trouver un billet d'avion pour vous voir"), je suis fin prête.

- Maman, t'es prête hyper tôt aujourd'hui!

- Parce que je pars, Poussin.

- Tu vas où? 

- Manger des gâteaux.

- Je peux venir?

- Non, poussin, c'est trop fatiguant pour les enfants.

- Papa, maman elle fait des blagues!!!

Première halte : la boulangerie du 84 rue de Maubeuge dans le 9è. 

Vous n'en avez jamais entendu parler, c'est normal, c'est ce qu'on appelle une boulangerie de quartier, et c'est le genre d'endroit où jamais je n'aurais mis les pieds (alors que j'habite pas loin) si plusieurs personnes ne m'avaient sortie de mes idées préconçues.

- Ils font une super tradi à la boulange rouge.

- Celle en face de la pharmacie? Elle a l'air dégueu. 

- T'as goûté au moins?

- Ben non, ça se voit quand on passe en face.

J'ai finalement goûté la Tradi, en effet fort bonne, et Pau, notre rédactrice et Coupsdefoodeuse hyper avertie m'a récemment lancé l'air de rien :

- Tu sais qu'ils font des viennoiseries de folie dans la boulange qui a l'air dégueu, en face de la pharmacie?

- Pfff. Moi ça fait longtemps que je sais qu'elle est pas dégueu. Faut pas se laisser influencer par une devanture.

Trop contente d'avoir une adresse "dénichée", j'ai donc acheté deux croissants et deux pains au chocolat encore tout chauds et frétillants de beurre.

Ah oui, je vous ai pas dit...

Cette fois, nous n'étions pas deux, mais trois.

Fanny, qui écrit aussi pour Coupsdefood, a souhaité intégrer la TAREE TEAM, et ce, en dépit de mes tentatives de dissuasion (il fallait éprouver sa motivation).

- Si tu viens, TU MANGES TOUT.

- Attends, ça dépend, yaura quoi?

- C'est pas grave, je te raconterai.

- Nan nan, c'est bon, je viens. 

- Attends, pas de comédie de "ça me dit rien", "j'aime pas" ou "j'en peux plus", hein?

- Je VEUX venir. 

- OK. Si tu craques, c'est que t'as pas le niveau, dans ces cas-là on continue sans toi, c'est CLAIR?

- J'y arriverai. J'en suis capable, je suis sûre. 

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Je plonge mon sachet de viennoiseries dans mon sac à dos (ouais, mon marido a eu la bonne idée de me conseiller de prendre mon big appareil photo, bon certes la définition est meilleure que sur l'I phone, mais c'est un peu moins discret).

Erreur fatale, ça + la cohue dans le métro + la chaleur etc., mes pauvres croissants sont arrivés méchamment écrasés à bon port.

Je rejoignais les filles à Faidherbe Chaligny en métro quand : 

Mesdames messieurs, en raison d'un incident d'exploitation, c'est grave la merde sur toutes les lignes et la Belette va être grave en retard au Kiff Tour.

C'est ainsi que ce qui était déjà une mauvaise idée au départ (mettre des viennoiseries dans un sac chargé) s'est transformé en catastrophe (on relativisera plus tard).

- Elles sont tout écrasées, déplore Fanny.

- Ouais mais bon, j'aime bien comme ça, moi, ratatinées-beurrées, ça me rappelle la boulange de mon enfance.

- Ah ouais, moi aussi (Lau et moi habitions au même endroit).

- Oh la la, comment tu les as écrasées...

Alors, oui, c'est vrai qu'elles étaient moins gonflées, que le craquant du dessus s'etait volatilisé, et qu'elles ne sont pas d'anthologie (je regoûterai tout de même, pour leur rendre justice), mais on les a tout de même trouvées très bonnes (moi, le pain choco, Lau et Fanny ont beaucoup aimé le croissant).

Après une pause thé-croissants, c'est le début de notre sprint. Avec nos sandales ce mardi-là, nous étions suréquipées pour marcher à très vive allure voire courir du 11è au 6è, du 7è au 17è.
Les Usain Bolt du bitume.
Nous avons donc fait quelques pas jusqu'aux très esthétiques gâteaux de Lignac dans la pâtisserie qui porte son nom (la pâtisserie éponyme comme dirait l'autre). Je vous laisse admirer la tarte aux framboises, fort bonne, mais somme toute assez classique.
Fanny est rassurée, car nous coupons la tarte en trois bandes.
- Ah ça va, c'est rien en fait, on croit que vous mangez comme des dingues, mais pas du tout.
- Bah ouais, on est affamées en fin de journée avec nos bandelettes de pâtisseries.
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On hésite sur la suite du programme, Pralus ou pas Pralus?
Pralus (pâtissier roannais Meilleur Ouvrier de France célèbre pour ses pralines auquel a succédé son fils, chocolatier de renom, l'un des rares à torréfier lui-même ses fèves, et créateur de la Barre Infernale...).
Direction la rue Rambuteau, même s'il s'agit d'un copieux détour (on n'est pas à 10 km près).
Nous demandons la fameuse Praluline, ou brioche aux pralines.
En mon for intérieur, j'ai quelques doutes, rapidement balayés par un orgasme au pied des tuyaux de Beaubourg (à ce moment-là, je n'ai que peu de considération pour l'octogénaire qui s'est suicidé la veille au même endroit  - vite, aboule la Praluline).
Fanny tombe sur un morceau surchargé en pralines, pas moi, putain la brioche, la consistance, les pralines, le goût, le craquant, c'est un truc de ouf.
Il est temps de manger un cheesecake.

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Le Figaro ne jure que par lui, le cheesecake de chez She's Cake.

Dans une mignonne petite boutique-salon de thé sise près de la gare de Lyon, la star de la maison se décline en une multitude de parfums assez tentants il faut le dire.

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Nous optons pour un nature surmonté de quelques framboises (cette fameuse "touche minceur" qui ne nous quittera pas de la journée).

Fanny fait la fine bouche.

- J'aime pas le cheesecake.

- TU MANGES.

Elle prélève une particule de gâteau du bout de sa cuillère.

Mine de dégoût.

- Berk, j'aime pas le goût et c'est trop riche.

- On avait dit qu'on parlait pas des calories.

Je goûte.

- C'est trop riche.

- Ah bah tu vois.

Assez grosse déception en ce qui me concerne, insipide pâte aux Petits Beurre plus que détrempée, crème trop grasse et trop sucrée, manque la petite pointe d'acidité qu'on aime bien percevoir dans le cheesecake, même dans le lointain.

Lau est bien moins sévère que moi, mais le bilan est négatif.

Exit la Gare de Lyon, nous poursuivons notre quête dans le 6è, où se trouve une bonne partie des adresses.

Alors que nous avions supprimé la Maison du Chou de notre liste (on pensait que ce serait redondant avec la religieuse), nous tombons dessus lors de notre trajet et nous sentons obligées d'y faire un stop.

Il faut dire aussi que la boutique, charmante, est située sur l'une des plus jolies places de Paris (place de Fürstenberg). Elle me rappelle le temps où, étudiante, je m'arrêtais là pour bouquiner (bon en fait je mangeais des crêpes).

La Maison du Chou a été créée très récemment par Manuel Martinez, Meilleur Ouvrirer de France et chef du double étoilé Relais Louis XIII. 

J'en conviens avec vous, ce n'est pas très original en ces temps de surchouïsation de se lancer dans pareil commerce à Paris. On goûte tout de même, sait-on jamais.

L'échoppe (j'ai du vocabulaire, hein) est minuscule, tout juste suffisante pour quelques tables et trois saveurs. Nature, café, chocolat.

On prend nature, Fanny prend chocolat.

Les choux sont fourrés minute, gage de fraîcheur.

Tout semble bien engagé, le craquelin de spéculoos qui recouvre le chou est avenant, on est contentes de tester un truc en plus de la liste qui est si mince...

Quand soudain c'est le drame. 

On ne s'attendait pas à pareil fourrage.

Fanny espérait une ganache, Lau une crème fouettée, ce fut une espèce de mousseline, peu sucrée, à base de fromage blanc.
Le chou lui-même est excellent, mais nous n'avons pas été convaincues par la garniture.

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A quelques mètres de là, Josephine Bakery nous attend de pied ferme avec son affriolante vitrine. Née de la rencontre entre un meunier et un pâtissier au riche parcours, cette boulangerie-pâtisserie joue la carte de l'enfance et des plaisirs d'antan avec des produits de qualité.

Nous optons pour le far breton et un sablé à la confiture - on nous a dit grand bien des sablés.

C'est dans un petit square au pied de l'église Saint Germain que nous déballons nos trésors.

Fanny commence à avoir un bon niveau et enchaîne les bouchées.

Le far est moelleux, très frais, pas sec, très (trop?) richement pourvu en pruneaux et l'appareil a un excellent goût d'oeuf(celui que recherchent les fans de far). 

Petits bémols : un peu trop sucré et collant.

Quant au sablé... Déception, il est plutôt mou et ne présente pas un grand intérêt gustatif. On aurait peut-être dû prendre celui au beurre, et pas en été? 

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Un far sur un banc, en attendant 

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Après ces mises en bouche sucrées, nous décidons qu'il est temps de s'offrir une halte salée.

En chemin, nous croisons la boutique d'Arnaud Larher qui n'est pas prévue au programme.

On fait d'abord semblant de ne pas vouloir voir de plus près, et on finit avec une tarte au citron (Lau ayant une folle envie de tarte au citron). 

C'est à regret que nous ne testons pas les fort sympathiques cakes. On doit se limiter.

Après une vague salade dégueu, Lau et moi croquons dans la tarte au citron (Fanny est excusée, elle n'aime pas mais c'était pas sur la liste).

Bof.

L'appareil est pas mal, quoiqu'un peu trop crémeux, mais le mariage avec les blancs en neige fadasses est malheureux tant pour le goût que pour la consistance. La pâte n'est pas assez présente.

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Bien.

C'est pas tout ça, mais vous auriez pas envie d'une Tropézienne, vous? 

Mais si, comment tu sais?

La célébrissime Tarte Tropézienne (bon ils disent tarte mais c'est pas du tout une tarte) d'Alexandre Micka a fait irruption à Paris voilà quelques semaines avec une boutique-salon de thé dédiée. Nous avons goûté la Baby Trop', une version miniature. 

La brioche est bien fondante, la crème a un bon goût de vanille, le sucre est parfaitement dosé avec les grains bienvenus pour casser la texture mais...

Ya un goût, là.

Ouais je crois que c'est du rhum.

Nous ne sommes toutes les 3 "pas très rhum", donc ce ne fut pas parfait pour nous, mais cela reste une douceur pas désagréable (surtout quand, comme nous, on n'a rien mangé depuis le matin)...

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Evidemment, impossible d'être dans les parages sans faire un saut à la Pâtisserie des Rêves.

Alors que Fanny se tâte sur l'opportunité d'acheter un Paris-Brest "en gâteau", nous ne dérogeons cette fois pas au programme en optant pour le Paris Brest dans sa version glacée et les sablés au gianduja.

(désolée pour les photos, tout a fondu à toute allure).

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Cette glace est simplement folle.

Si vous aimez le Paris Brest ou le praliné, elle mérite de très larges détours.

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Nos avis ont divergé sur les sablés.

Lau est restée sur sa faim si je puis dire : "Mais... Le gianduja?".

Fanny et moi avons adoré, mais il est vrai qu'on sentait surtout le chocolat noir et le sablé (divin) avec d'autres trucs dont Conticini a le secret (des noisettes craquantes et une fine couche de gianduja). Pas du tout écoeurant contre toute attente et fort peu sucré.

Il est temps de manger un fruit, non?

Nous avançons plus avant dans le 7è, jusqu'à Secco, où se trouve le gâteau préféré de Louise, la tarte aux pommes caramélisées.

L'aspect est rustique et fait songer à du fait maison (pas par moi).

Là encore, nous divergeons.

Lau - J'aime pas.

Moi - T'aimes pas quoi?

Lau - La pâte n'est pas assez croustillante, les pommes sont très bof, bon, chais pas, j'aime pas, me saoule pas.

Fanny et moi apprécions pour notre part la forte présence des pommes, bien cuites et cependant moelleuses, très charnues. La pâte gagnerait en effet à être un peu plus craquante, mais l'ensemble se distingue vraiment de ses copines tartes aux pommes des autres pâtisseries.

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Après tous ces fruits, il va falloir couper avec du chocolat.

Direction Rollet Pradier, une vieille institution ronronnante du 7è, où la religieuse au chocolat est arrivée première au classement du Figaro.

Accueil plus que moyen, la vendeuse est assise et nous tourne le dos, puis elle se lève et nous voit avant de nous tourner le dos à nouveau pour envoyer un fax, alors qu'il n'y a que nous dans la boutique. Pas d'excuse, rien, alors que la pâtisserie date de 1854, la nana aurait dû avoir le temps de rôder son hospitalité, non?

La religieuse est jolie, mais Fanny se demande à juste titre si ce serait pas plutôt une mignardise...

Verdict : chou rassis, ganache pas mal, bon et très présent chocolat noir de glaçage, excellente idée de la feuille de chocolat craquante. Rien d'exceptionnel.

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- Fanny, ça va, tu tiens le coup?

- Oui, je veux que tu sois fière de moi.

Nous marchons jusqu'au prochain spot fraîcheur, chez la glacière Martine Lambert où nous prenons un sorbet. 

Ouais, on est au régime.

Nous suivons le conseil de Louise et optons pour cassis.

Très bon goût de fruit, assez bien dosé en sucre, belle texture.

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Eh mais, on a presque fini là, non? 

Il reste deux-trois trucs, super légers.

Rendez-vous dans la boutique Aux Merveilleux de Fred (plusieurs dans Paris). Ici, deux spécialités : les Merveilleux (meringue enrobée de crème fouettée) et les Cramiques (brioches).

On nous a conseillé les deux, alors on obtempère. Ce sera deux petits Merveilleux, un chocolat noir et un spéculoos-chocolat blanc, et une brioche aux raisins.

Nous les mangeons place Clichy, dans un décor tout autre que le 7è.

Les Merveilleux (pardon, je sais qu'il y a beaucoup d'amateurs) ne nous font pas plus jubiler que ça, et notre préférence va au chocolat blanc-spéculoos. Très sucré, forte présence de la meringue (mais les grandes tailles sont sans doute meilleures).

La brioche est quant à elle excellente.

C'est ici que Fanny déclare forfait, très proche du but, mais nous la félicitons et lui donnons des brioches pour le chemin, au cas où elle ait faim. 

- Bravo, je suis hyper fière de toi.

Elle pleure.

Je pleure.

Lau pleure.

C'est comme aux JO, les nerfs qui lâchent après les épreuves. C'est normal il paraît.

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Elles sortent du four, hummmmm, c'est parfait pour notre goûter, ça.

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Mais qui a laissé des Merveilleux sur son Vélib?

Bon, nous, nous avons un but à atteindre. Une halte, encore.

Soudain, monte une panique.

Attends, il est 18h, si ça se trouve, ya plus de flan là où on va...

Putain c'est vrai, ça.

La peur au ventre, nous parcourons les derniers kilomètres qui nous mènent à Guy Môquet dans une autre boulangerie de quartier, elle aussi dénichée par un Coupsdefoodeur.

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Ouf. Il reste pas mal de parts, tout simplement parce que leurs "flans à l'ancienne" sont présents en nombre, preuve qu'ils sont habituellement très demandés.

On prend une part, et la vendeuse, très souriante et sympathique, nous confirme que "oui, c'est vrai, les gens aiment beaucoup notre flan".

Nous finissons en beauté sur ce flan à tomber, avec sa "pointe de crème fraîche" et tout ce qui fait qu'on a envie d'en reprendre et d'en reprendre.

Le parcours s'arrête là, non parce que nous sommes à bout, mais parce que je dois rentrer.

Lau constate qu'elle a "quand même le ventre un peu tendu". Quant à moi, in the pocket, j'ai l'impression d'avoir juste mangé une pêche.

We did it.

Un grand merci à tous nos soutiens, nos coaches et conseillers, à nos familles qui nous ont encouragées, à Fanny qui l'année prochaine arrivera au bout, j'en suis sûre, à vous tous qui avez lu ce texte jusqu'au bout.

J'ai grave des courbatures du coup.

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Et si certains souhaitent s'essayer au parcours...

Boulangerie du 84 rue de Maubeuge, Paris 9è (viennoiseries)
La Pâtisserie by Cyril Lignac, 24 rue Paul Bert, Paris 11è
Pralus, 35 rue Rambuteau, Paris 4è
She's cake, 20 avenue Ledru-Rollin, Paris 12è
La Maison du Chou, 7 rue de Fürstenberg, Paris 6è
Josephine Bakery, 42 rue Jacob, Paris 6è
Arnaud Larher, 93 rue de Seine, PAris 6è
La Tarte tropézienne, 3 rue de Montfaucon, Paris 6è
La Pâtisserie des rêves, 93 rue du Bac, Paris 7è
Secco, 31 rue de Varenne, Paris 7è
Rollet-Pradier, 32 rue de Bourgogne, Paris 7è
Martine Lambert, 39 rue Cler, Paris 7è
Aux Merveilleux de Fred, 94 rue Saint-DOminique, Paris 7è
La boulangerie Basso,49 rue de la Jonquière, Paris 17è


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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 18:30

Vous le savez peut-être (sûrement, pour ceux qui viennent depuis un certain temps), j'aime bien savoir quelles sont les recherches Google qui ont pu conduire des gens sur mon blog.

J'ai noté, bien sûr, les plus originales, et non les plus fréquentes qui sont bien évidemment "Belette" et "blog intello".

Bref, pour atterrir là, ils ont tapé :

gens qui aime regarder les gens aux toilettes : ahem, certes, j'ai parlé de la lecture aux toilettes, de là à dire que je suis la spécialiste du voyeurisme fécal...

filles faciles à Agadir : nan mais Google quand je parle de baby club, tu seras mignon de bien capter l'esprit du voyage.

de quoi parler sur son blog : t'es sur un mauvais départ, mon petit, avant de se lancer dans un blog, il faut impérativement que tu aies une ligne éditoriale, un schéma narratif précis et une structure thématique parfaitement rodée. Un blog, ça rigole pas, sinon, on le fait pas. 

discours pot de départ mémorable : ben j'ai jamais parlé de ça, qu'est-ce que tu fous Google? Bon, si t'insistes, et si ça peut m'amener des gens...

Pot de départ de chez FRIANDIZZ

Bon et bien, voilà, mes 27 ans chez Friandizz, la boîte dont est friand, s'achèvent aujourd'hui, et autant vous le dire, putain, c'est pas trop tôt. Alors oui, j'ai passé de bons moments à la photocopieuse les premières semaines, j'ai aussi bien aimé le riz au lait du self le 27 janvier 1984, j'ai parfois même souri, surtout le soir, quand je quittais enfin les locaux suintant la transpiration de mon voisin - oh Michel t'es venu à mon pot, viens, approche, je parle de toi -.

Mais voilà, maintenant qu'on est là, tous ensemble, à se tenir chaud près de mes Chipster et de mon multifruit, j'ai envie de vous dire plein de choses, à chacun de vous. 

A toi, Brigitte, qui n'as jamais daigné lever la tête quand je te posais une question.

A toi, Manolo, qui as passé ton temps à mater des photos porno au lieu de réparer les ordis des autres - bah ouais, c'est con, la vitre derrière toi, elle fait des reflets, eh oui, c'est bête.

A toi Claudette, t'as vu, on t'a donné un surnom, enfin ça, c'est l'officiel, parce que quand t'étais pas là, on t'appelait plutôt Maxipute. C'est mignon, hein, oui oui, même notre grand patron à tous, il y allait de ton petit surnom. "Vous sauriez pas où elle est Maxipute, elle peut pas bosser 2 secondes, celle-là?" Je crois qu'il t'admire. Si, vraiment. 

A toi, Françoise, tiens, toi aussi t'es là, franchement c'est courageux, bravo, hein, bravo Françoise. Remarque, tu peux pas savoir que j'étais au courant toutes ces années de tes petites opérations en douce pour me couler - une vraie Mata Hari, championne, hein Françoise, championne. Attends, reste, pourquoi tu tournes les talons avec ta petite tête d'offusquée, reste, tu vas bien reprendre un quinzième verre de rosé. 

Ouh là, je vois que vous commencez tous à partir, pour un peu, je vous ferais regretter d'avoir pu quitter vos bureaux - mais si, vous savez, les pièces où vous glandez toute la journée -. Allez, vous savez bien que vous n'avez rien à craindre, qu'est-ce que je pourrais dire de toi, Gégé, je vais pas te critiquer parce que t'as tout fait pour que Maxipute prenne ma place - Maxipute, maxijambes, remarque, je t'en veux pas, c'est sûr c'est plus intéressant à regarder que mes varices, hein Gégé. 

Bon, bah puisqu'on est plus que deux, merci ma petite, d'être restée, tu vois, c'est ça Friandizz, comment ils disent, ah ouais, la générosité, l'élégance et le partage. J'espère que mon petit pot de départ t'aura donné envie de poursuivre ton stage ici. 

- pour savoir ce que les gens pensent de toi : pose-leur la question, ils te répondront que t'es super, ça vaut le coup

- histoire nounou sadique : mais qui a posé cette question? Un fana de nounou sadique? Une maman zen? Bon, je connais plein d'histoires de nounou, mais pas celle-là, désolée...

- poussée dentaire du nourrisson mythe ou réalité : mais enfin, évidemment, mythe. Les dents ne poussent qu'à l'adolescence, c'est connu.

- calories mini-viennoiseries : c'est simple, un mini pain au chocolat = 1/4 de concombre, un mini croissant = 1 tranche de citron

- pourquoi ma machine Singer Cocktail ne fait plus de points : ouais, j'ai eu le même problème. Chiant. J'ai remis la prise, c'est bon, elle refait des points et moi des ourlets. Tiens-nous au courant. 

J'adore l'idée d'avoir pu aider des gens. 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 17:32

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On croit que Keith Haring, c'est rigolo...

Je ne sais pas comment sont vos amis, mais moi, les miens se creusent la tête pour mon cadeau d'anniversaire.

Non que je sois difficile, vous le savez, j'ai des goûts honteusement simples. Seulement, comme je ne suis pas du genre à envoyer des signaux clairs (Coucou j'adore le sac gris clair réf 45624 de chez Nat and Nin, et sinon, on se voit quand? ), ni du genre à collectionner les vernis, encore moins les bijoux (c'est dingue ce que je ne suis pas attachée à l'apparence, maintenant que vous m'y faites penser), c'est moins évident.

Bref, Pup, que vous connaissez bien puisque elle a sacrifié un grand nombre de ses heures à bruncher avec moi, m'a organisé récemment une journée pour mon anniversaire.

Bah ouais.

Elle m'a dit "9H30 chez moi pour le petit dej", mission que j'ai relevée sans dommage. 

C'est toute guillerette que j'ai gravi ses escaliers pour finalement me retrouver face à un planning du jour.

Le programme se découpait en 4 étapes :

- petit dej (viennoiseries et Nutella)(avec des fruits)(dans le jus d'orange)(j'ai pris le Nutella pour lui faire plaisir, j'ai horreur du sucré)

- expo au choix parmi les suivantes

* Tamara de Lempicka (je suis pas fan)

* l'Art Nouveau (j'en ai déjà vu pas mal sur le sujet)

* Ron Mueck (j'ai déjà vu sa précédente expo à la Fondation Cartier et je voulais changer)

* Keith Haring (Youpi je voulais la voir)

- Dej avec deux endroits au choix

- Ciné, avec 4 propositions, j'ai retenu "Le Congrès" que Pup m'a décrit comme "très spécial" et qui présentait surtout l'avantage de jouer au MK2 Bibiothèque que je voulais tester depuis une soixantaine d'années

J'étais plus que ravie de toutes ces nourritures auxquelles avait songé Pup : culture et gastronomie, c'est tout moi, ça (Voici se situant entre les deux).

Nous prenons le métro et hop, dès le premier trajet, je jette le ticket "forfait journée" que m'avait acheté Pup. 

Merde putain j'ai jeté le ticket, j'ai trop l'habitude...

Alors que nous nous attendons au spectacle traditionnel des files d'attente à Paris, quelle n'est pas notre stupéfaction de découvrir un parterre désert (putain mais c'est pas là ou quoi?). A l'intérieur, personne ne patiente au guichet.

Coup de bol et plaisir unique de parcourir une expo sans avoir à dire pardon toutes les secondes pour essayer d'entrevoir un coin de tableau.

Le thème? Keith Haring, The Political Line (ouais au Musée d'Art Moderne on met des titres en anglais, si on y va c'est qu'on comprend l'anglais). 

Ah bon, ya une visée politique dans l'oeuvre de Keith? Je croyais que c'était juste des personnages rigolos avec des postures sympas et des couleurs pop.

Alors, autant le dire clairement, plutôt que de dimension politique, j'aurais plutôt parlé de dimension pénistique.

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Pour Keith, fougueux dessinateur aux allures de geek des années 90, la vie est pénis.

Et si mon bras était un pénis? 

Et si la tour devant moi était un pénis? 

Et si dans le ciel il n'y avait que des pénis?

Et si je me noyais dans un pénis? 

Tiens, j'ai 5 heures devant moi... Et si je dessinais des pénis, des pénis et des pénis?

Euh, ya des enfants, c'est chelou, non? Vérification faite, l'expo est interdite aux kids (ouais, je parle anglais, je suis so Art Moderne).

Alors, poussin, tu vois, là c'est un ange un peu particulier, on pourrait l'appeler l'ange-bite, c'est mignon, hein?mars13-1106.JPG

Icône du pop art, artiste engagé et prolifique, notre bouclé lunetté n'a eu de cesse de plaider certaines causes.

Le racisme c'est mal. 

La pollution c'est caca.

La religion c'est berk.

La tolérance c'est super (même si en fait, moi-même, je ne suis pas forcément la tolérance incarnée).

Le capitalisme et l'argent c'est vomis vomis. 

Tout cela exprimé bien sûr avec force pénis, corps transpercés, croix, dollars et Mickey. Et aussi des soucoupes volantes et des pyramides, des singes et des enfants, une planète ensanglantée et des monstres métaphoriques.

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Heureusement, la dernière partie de l'expo nous plonge dans une vision plus joyeuse de l'humanité.

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Evidemment, il y a ces couleurs, ces choix originaux, cette singularité de l'oeuvre qui la rend reconnaissable parmi des milliards.

Un artiste indéniablement.

Ensuite, changement plus que radical de décor puisqu'avec le resto-salon de thé "My place" (rue Saint Lazare, métro ND Lorette) nous débarquons direct chez mamie, assiettes au mur, vaisselle fine dépareillée, broderies et tapisseries.

Pas de pénis à l'horizon. 

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Nous voici face à d'aimables tartes salées, que nous complèterons d'une part de cheesecake et d'une tarte au citron meringuée (c'est ce qu'on a pris à deux, calmez-vous) (comme si j'étais capable de m'enfiler les deux toute seule). Une pause bienfaisante tant pour nos cuisses que pour notre cerveau en overdose (Eh mais Pup, ton verre, là, ça ne te ferait pas penser à un pénis?).

Aussitôt sustentées, aussitôt reparties vers cette partie de Paris autrefois invisible désormais surinvestie par les bobos, jamais en mal de défricher des quartiers dépérissants.

Enfin j'entre dans le MK2 Bibliothèque, vaisseau de verre, d'acier et de ciné également désert.

C'est vachement bien Paris en juillet, dis donc. 

Pup l'avait bien compris en lisant quelques lignes sur le "film-dessin animé" Le Congrès, c'est en effet très spécial. Carrément délirant, et l'on sait que le délire voisine souvent la confusion qui souvent voisine le "putain j'ai rien compris".

Ari Folman, le réalisateur israélien du superbe Valse avec Bachir propose une science-fiction mêlant euh tout un tas de truc, de l'hypertechnologie à l'enfant handicapé en passant par le rôle de l'image, le surréalisme, la quête de jeunesse perdue, etc.

Robin Wright est habitée par son personnage qui navigue (ah ça, pour naviguer) entre les dfférents mondes et l'ensemble n'est pas exempt d'émotion, bien au contraire, on ressent des trucs, sans trop savoir quoi.

Il semblerait que l'ensemble de l'équipe ait pris des champignons hallucinogènes, cela donne des images époustouflantes (à noter une bande son de folie) et un univers vraiment original (peut-être que deux univers hyper originaux dans la même journée, c'était trop pour mon cerveau étriqué), mais en ce qui me concerne, c'était soit trop barré, soit trop conceptuel, je n'ai pas été à la hauteur...

Pup, pourtant plus élevée que moi intellectuellement, m'a devancée (et soulagée) en reconnaissant qu'elle n'avait pas tout compris non plus...

En sortant, nous avons fouillé dans la fameuse boutique truffée de gadgets, de bouffe américaine et de chouettes bouquins. Pup m'a offert l'un de mes fantasmes : une photo réalisée par le studio Harcourt (Ok, là, c'était un photomaton, mais c'était quand même Harcourt dans l'esprit Noir et Blanc).

Dans le photomaton, j'ai rien capté, ça allait à toute vitesse, attends mais c'est où la lumière, je dois me mettre comment, comment on monte le tabouret, merde ça a flashé, merde je suis de traviole, merde ça reflashe, HELP!

La photo sort.

"T'es hyper naturelle" me dit Pup.

"C'est pas du tout toi" affirme mon marido à mon retour.

Bah ouais, moi aussi, je suis une vraie artiste. Insaisissable.

PS : un immense merci à Pup pour ce topissime cadeau d'anniv! 

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Mais... Où est le pénis de Charlie? Sauras-tu le retrouver?

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Question subsidiaire : que représente cette oeuvre? A vous de jouer!

 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 20:43

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Ah bah moi aussi, j'avais envie de fruits...

Ils nous complexent (et, de ce fait, nous emmerdent), ceux qui :

- ne voient pas où est le problème quand on évoque depuis une heure avec force détails et une emphase de bon aloi ce qui pour nous est un ENORME truc hyper compliqué et délicat (et on finit en bout de course par lâcher un "nan mais tu peux pas te rendre compte, TOI)

- voient toujours tout du bon côté y compris dans leur propre vie (parce que dans celle des autres, c'est très facile de voir les choses en rose)

- te considèrent sans mot dire quand tu t'apitoies sur un truc (laisse-la, elle est folle)

- font l'effort d'essayer de te comprendre alors qu'eux ne sont pas d'accord (ah, tu laisses tes filles au baby club? Oui, je comprends, tu dois être fatiguée, non, moi, je les garde, j'adore faire plein de trucs avec mes enfants pendant les vacances)

- réussissent parfaitement là où tu râles, te prends la tête et ne fais rien (et en plus, ils sourient, tu les fais rire) (ou pire, ils t'encouragent et croient en toi)

- viennent de rencontrer un succès et saoulent tout le monde en mode "mais toi aussi tu peux y arriver, regarde, moi" (NAN et pourrais-tu éviter de me rappeler constamment que je ne peux pas passer ma vie à procrastiner)

- sont au régime et dont chaque micro-bouchée de concombre avalée devant nous engloutissant un hamburger est une insulte à notre capacité de JOUIR DU MOMENT PRESENT

- nous montrent leurs doigts fraîchement manucurés (t'as vu mon nouveau vernis, il est pas trop beau?) au moment où nos ongles sont en friches (et de ce fait planqués dans nos poches) (m'en fous de ton vernis)

- parlent mieux que nous de quelque chose qu'on est censés maîtriser mieux qu'eux

- comprennent tout instantanément quand on rame dès qu'il s'agit d'autre chose que de l'âne Trotro ou de la Maison de Mickey

- font tout très facilement alors que pour nous c'est toute une histoire...

 

Je discutais avec quelqu'un il n'y a pas longtemps. 

Cette personne m'a inspiré ce billet pour un grand nombre d'items.

Qu'elle en soit remerciée.

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 18:48

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Heureusement, la semaine dernière, je suis tombée sur une maman qui offrait un bouquet de fleurs à la maîtresse de Chouquette.

Ah ouais c'est vrai.

Faut un cadeau.

Je dis à un copain que je dois trouver un truc à offrir à la maîtresse.

C'est marrant me répond-il, on fait un cadeau à la maîtresse alors qu'elle fait juste son boulot. On fait pas ça pour d'autres métiers.

Ouais mais 

1) tout le monde le fait donc je le fais

2) elle m'a foutu la paix toute l'année et Chouquette était contente d'aller à l'école, ça vaut bien un merci

3) t'as pas tort, elle n'a rien fait d'extraordinaire, mais en soi, se taper 30 mômes de 4 ans tous les jours, non merci

Bon mais quel cadeau? 

- elle a pas une tête à mater des séries et je ne me vois pas offrir Dirty Sexy Money à une maîtresse

- elle a une tête à kiffer les fleurs, mais elle en a reçu plein 

- elle a une tête à aimer les fruits confits mais j'ai pas le temps de descendre en acheter

- elle a pas une tête à aimer les massages, en plus c'est cher et elle a mal au dos, c'est risqué...

- elle a pas une tête à se parfumer comme une dingue (nan mais quelle idée les parfums)

- elle a une tête à aimer les écharpes mais là ça fait con, enfin, quoique

- elle a une tête à être hyper contente avec un sac mais faut pas déconner je vais quand même pas lui offrir un sac, d'autant qu'elle a les mêmes goûts que B. qui n'a pas du tout les mêmes goûts que moi

- elle a une tête à être époustouflée par un truc un peu luxueux mais à préférer les choses simples, et c'est important de lui faire plaisir

Finalement, tous critères croisés, 7 minutes avant la sortie, je me pointe chez un théiste-confituriste.

Une femme dans les 180 ans me propose de passer avant elle, car elle est en aura pour longtemps. 

Ce qui tombe bien, puisque j'ai déjà posé mes articles sur la caisse.

J'ai jamais été aussi rapide (c'est la simplicité qui m'a guidée, elle sera contente de toutes façons, c'est autre chose que V.) (vous avez vu, j'ai bien réintroduit Autrui dans mon blog, n'est-ce pas?).

Confiture fraise-fraise des bois et biscuits à l'orange (elle a grave une tête à aimer les trucs à l'orange) (senior kiff).

Bon choix, commente le vendeur. Une touche de gourmandise, c'est parfait, la maîtresse adorera.

16H20 je suis dans la classe, Chouquette prend le sac et le tend fièrement à la maîtresse. Son insupportable copine Daphnée lâche un "c'est de la confiture et des gâteaux à l'orange". 

Oh, de la confiture et des gâteaux à l'orange!!! Merci beaucoup, justement, j'ADORE ces choses-là!

(putain heureusement que j'ai pas pris un foulard Hermès)

Bon, et sinon, comment ça s'est passé cette année avec Chouquette (vous remarquerez qu'à J-1 avant la fin de l'année, c'est plutôt iconoclaste de s'intéresser à la question )?

Parfait. Elle est vraiment bien dans sa tête (NDLR : je vous donnerai la technique) (télé à profusion, horaires variés, alimentation "ouverte"...). Bon, juste, quand elle est avec Daphnée, je ne la reconnais plus.

La clé de l'épanouissement social? Confiture, analyse de la "tête à", et on dégage Daphnée. 

Vous me direz si ça marche.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 18:31

 

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Bien. A partir d'aujourd'hui, je vais réinjecter Autrui dans mon blog et pas qu'un peu.

Autrement, il me faudrait changer ma signature "Postures et impostures d'une Belette", et ça m'épuise d'avance. 

C'est dingue ce qu'on s'emmerde quand on peut pas déblatérer tranquillos.

Bref. J'ai récemment eu l'occasion d'assister à une commission d'appel dans un collège-lycée.

Ah bon mais c'est quoi? Ben, c'est quand les méchants professeurs ont pris une décision en fin d'année qui ne sied pas à l'enfant et donc aux parents.

Comment? Mon fils qui a 4 de moyenne en maths ne passe pas en 1ère S?

Mais comment pouvez-vous oser ORIENTER ma fille en filiale pro?

Que mon enfant REDOUBLE, mais vous vous droguez ou quoi?

Pendant la journée, nous (oui, j'ai dit nous) (on s'en fout du contexte, j'y étais, c'est tout) avons reçu une vingtaine d'enfants tantôt seuls tantôt accompagnés d'un parent tantôt des deux.

Cette journée en nous plongeant dans différents écosystèmes familiaux nous a fait voler (je plonge et je vole, comme certains oiseaux, très rares) de drame en drame, mais aussi de foutage de gueule en foutage de gueule.

Tous les parents sans exception ont débuté ainsi :

IL FAUT SAVOIR QUE MON ENFANT A UN TRES FORT POTENTIEL, même si les notes, j'en conviens, ne le montrent pas toujours (grave pas).

Best of et pire of.

Du côté des parents :

- "Nous avons bien conscience que les résultats n'ont pas été à la hauteur tout au long de l'année, mais là, on sent que le déclic est imminent".

- "En fait, ma fille est un enfant précoce, elle comprend tout trop vite, du coup elle s'ennuie, d'où ses notes. Elle est beaucoup trop mûre, elle a 15 ans mais ne fréquente que des gens de 25-26 ans. Vous ne pouvez pas la faire redoubler".

- "Bon, c'est vrai, ma fille s'est peut-être un peu trop occupée de ses cheveux cette année (NDLR : la tête de la fille qui aurait bien buté sa mère en cet instant) 

- "Le problème si elle redouble, c'est qu'elle aura 1 an de retard, et on connaît notre fille, ça aura un très lourd impact psychologique, elle ne le supportera pas". 

- "Si mon fils redouble, il ne sera plus avec ses copains, et ils sont vraiment très importants pour son bien être". 

- "C'est vrai, cette année, comme on a eu beaucoup de soucis personnels, on a un peu abandonné notre fils, enfin, pas abandonné, mais on n'a pas vraiment pu nous en occuper".

- "Comme vous l'avez lu dans la lettre, l'oncle de notre fils a été très malade (NDLR : dans la lettre, c'était sa tante), et ils sont très proches. En plus, bon, bien sûr, ça n'excuse pas tout, hein, mais mon fils est dans la même chambre que ses deux frères, et l'un doit impérativement se coucher à 20H30. Du coup, notre fils doit sortir travailler dans une autre pièce, où il y a beaucoup de bruit".

- "Maintenant qu'elle est allée au CIO (Centre d'Information et d'Orientation) (Pipeauland), elle sait qu'elle veut devenir infographiste et pour ça, pour l'école qu'elle veut intégrer, elle doit absolument faire une filière générale, sinon VOUS lui coupez toutes ses chances de réussite et ce sera un énorme gachis".

- "Ma fille n'a pas supporté toutes les injustices qu'i y a eu dans cette classe. Et ma fille est comme moi, elle est très droite, elle a passé son temps à vouloir lever ces injustices, elle ne les comprend pas, et moi-même, je ne les comprends pas (NDLR : mais ta fille, l'année dernière, était déjà en commission d'appel, Madame, t'es sûre que tu as la bonne attitude, Madame avec ton chewing gum en commission d'appel, Madame qui va porter plainte à l'Académie parce que la commission d'appel, c'est injuste qu'on ne laisse pas passer ta fille qui est nulle depuis la nuit des temps?"

- "Je n'ai pas besoin d'expliquer pourquoi je fais appel, je crois que les notes parlent d'elles-mêmes" (oui, le fait qu'il triche sans arrêt parle aussi de lui-même) (ah bon vous ne saviez pas) (attendez d'être dehors pour vous énerver auprès de lui d'être passé pour un con)

- "Regardez comme il a progressé dans certaines matières, c'est la preuve que quand il veut, il peut" (euh, dans quelles matières? bah en physique par exemple. Désolée Monsieur, mais la physique ne sera pas dans ses matières l'an prochain). Vous voyez, il progresse, retenez ça au moins. Monsieur, non, passer de 10 à 8 puis à 6,5, ce n'est pas progresser. Ah bon, mais je pensais qu'une fois il avait eu une bonne note en physique...

Du côté des enfants, nous avons eu :

- le timide-niais

- la timide-là je suis timide mais en classe ja la ramène à tout va et je fous bien la merde

- la serial killeuse (je souris comme une sainte alors que je fais des coups de pute à gogo) (la pire)

- la je vous prends de haut parce que je sais que je suis forte à l'école (vous n'allez pas faire passer en ES alors que l'éco, ça ne m'intéresse pas, j'aime pas ça, alors que j'adore les maths, et si je vais en S, je ferai tout pour réussir)

- la "mes copines m'aident, me stimulent, si je ne les ai plus, je serai triste et renfermée et j'arriverai plus à travailler, je me connais"

-la "mes motivations pour la suite? Ben, juste, j'ai pas envie de redoubler"

- la "alors, en fait, je me suis toujours dit que je ferai une ES, c'était mon but, alors si vous me mettez en pro, j'ai plus aucune chance de faire ce que j'ai toujours voulu" (oui mais pourquoi tu voulais faire une ES? Ben, chais pas").

- la "cette année, j'ai pris beaucoup de temps pour m'occuper de mes frères et soeur, c'était (larmes qui montent) un peu... dur... de ", la (larmes de la mère), "oui, euh, c'est vrai, j'y arrive pas, je suis seule avec mes enfants, je..., je devrais faire plus avec elle, mais je m'en sors pas, je... c'est de ma faute, faites au mieux pour elle" (elles se regardent en coin pour essayer de se reprendre mais la fille ne supporte pas les larmes de sa mère qui ne supporte pas celles de sa fille) (je n'en mène pas très large)

- la pas très bonne mais ultra sympa, drôle, avec de la répartie, vive ("Comment j'explique mes mauvais résultats? ALors, au début, c'était difficile, mais j'ai pris des cours, j'ai tout fait pour bien commencer l'année, et puis, une fois que j'ai eu de bonnes notes, j'ai essayé de voir ce qui se passerait si j'arrêtais de travailler, et bon, ça n'a pas pas marché, on m'a dit que j'irais en bac pro au deuxième trimestre, alors ça m'a tellement démoralisée, je me suis dit que les jeux étaient faits, j'ai plus essayé de redresser la barre")

- le "je me la pète" ("C'est moi qui décide de ma vie") (ben présentement, non)

- le "je dis un truc qui va direct m'enfoncer" : "Pourquoi tu as autant chuté sur la fin, parce que tu ne travaillais pas assez, parce que tu n'étais pas assez organisé, ou parce que ça devenait trop difficile pour toi?" "Parce que c'était trop difficile". "Tu ne comprenais pas les leçons?""non" (intervention du père vénère : "mais pourquoi tu ne nous l'as pas dit quand tu comprenais pas, pourquoi tu ne nous as jamais rien demandé, ah bah Monsieur veut tout faire tout seul"

Quand les parents venaient à deux, nous décelions un grand nombre de signes de désaccords sur la stratégie à adopter (on sent l'imminent "Putain mais qu'est-ce que t'as eu besoin de l'ouvrir sur le mariage de sa cousine?!".

Il est évident que c'est un moment très difficile pour ceux qui passent "on dirait un procès, là" a indiqué une maman, ne mettant pas forcément le jury dans sa poche. 

Pas toujours évident d'évaluer le réel impact d'une situation exogène délicate, la capacité de l'élève à réellement vouloir se relever (plutôt que simplement ne pas "avoir envie" de redoubler ou d'être réorienté) ou encore ce qui a vraiment fait défaut à la réussite d'une année. 

L'argument du "plus tard, tu t'en foutras d'avoir redoublé" n'a bien évidemment aucun poids à cet âge. 

Redoubler, c'est la honte. 

La filiale pro, pire.

Tu préfère redoubler ou aller en pro?  

Tous répondent "redoubler".

Mais mieux vaut bien réussir en pro plutôt que de se prendre un mur en bac général, non? 

Non. 

Bon, bah ya du boulot pour redorer l'image de la filiale pro. 

Perso, je tire mon chapeau aux profs (je dis pas ça parce que je sais que des profs lisent). J'ai passé mon temps à avoir envie de claquer certains élèves, d'aller prendre un café avec d'autres, de prendre des parents dans les bras et de hurler sur d'autres.

J'aurais été un très mauvais prof, pour ces raisons et surtout parce que j'ai TOUT oublié de ce que j'ai appris.

"Bonjour, alors je suis la Belette et je vais être votre professeur de procrastination et glande. Si vous avez des questions, n'hésitez pas, posez-les à votre entourage". 

 

 

 

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 19:10

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Et si on parlait lampes? 

Tandis que je narrais tout à l'heure à un ami une mésaventure qui m'est arrivée avec ce blog, il s'est souvenu d'un reportage qu'il avait vu jadis, une histoire de 5 bergères espagnoles qui vivaient ensemble depuis une dizaine d'années. Ces dernières affirmaient n'avoir jamais connu le moindre accroc à leurs relations, dans leur bâtisse tout n'était que rires et harmonie, bonheur et complicité.

Quoi, pas une seule engueulade, petite friction, léger agacement, RIEN?

Non, rien. 

Mais quel est votre secret? 

Le secret des relations sereines et épanouies, c'est de NE JAMAIS PARLER D'AUTRUI EN SON ABSENCE.

Avec mon ami, on s'est dit ouais pas bête, ya un truc à creuser, là.

Et puis, j'ai réalisé que depuis quelque temps, c'était un peu ce que je faisais avec mon blog, je l'avais en quelque sorte lissé.

Parler d'autrui, c'est prendre un risque.

Attention, ne nous méprenons pas, Autrui adore qu'on parle de lui.

A certaines conditions.

"Hier, j'ai vu un ami d'un ami, quelqu'un de rare qui fait de chacune de nos rencontres un moment d'émerveillement. Je suis toujours à la fois admirative de son sens du style, de la force de ses analyses et de son charme addictif."

Là, Autrui est content.

Ici, moins.

"En dépit de toutes mes manoeuvres d'évitement, je n'ai pu échapper hier à un café avec un ami d'ami. Entre son surlook pathétique, ses réflexions vaseuses et son charme qui n'attire que lui, c'est un calvaire renouvelé de le voir".

Dans les deux cas, l'ami d'ami se sent visé et c'est normal : il l'est.

Seulement, bien évidemment, puisque je tiens un blog non anonyme (quelle conne putain), je ne peux pas me permettre (même si ce serait parfois un grand kiff) de décrire les choses telles qu'elles sont (bon, ok, telles que je les perçois). 

Ma cousine Stéphanie m'a dit tel truc, elle est gonflée, elle ne s'est pas regardée = perte de la cousine

Mon amie Viviane m'a fait passer l'une des pires soirées de ma vie, elle a été odieuse, s'est prise pour un procureur. Je n'y peux rien si elle est aigrie = perte de l'amie

Nous sommes tous amenés à avoir des agacements, y compris sur des proches. Ils ne signifient pas qu'on ne les apprécie plus, ni qu'on les enverrait bien au bout du monde par la Poste.

La blogueuse non anonyme ne peut, même sans nommer la personne, se contenter de saisir l'agacement et de le décrire. Cela ruinerait sa vie sociale, ce qui n'est pas exactement l'objectif d'un blog. Tout simplement parce que la personne concernée ne se dirait pas "là, je l'ai agacée, j'ai peut-être déconné" ou "hum, voici un point sur lequel nos interprétations divergent" voire "haha j'ai trop kiffé quand t'as balancé sur moi, c'était un peu exagéré mais super drôle" (la classe).

Alors, comme il faut pas déconner, et que le blog d'humeurs n'a d'intérêt que si on peut y déposer (avec rage, tendresse, tristesse, plaisir...) ses humeurs, la blogueuse non anonyme considère finalement uniquement ce qu'elle a ressenti, et remodèle la réalité à partir de là.

Comment évacuer l'angoisse qu'a généré cette discussion? 

Et hop, je puise dans tous les exemples possibles de quoi traduire cette angoisse, pour que ce soit bien clair. Un peu d'un échange avec untel, un truc entendu l'autre jour, quelque chose d'il y a 5000 ans que j'ai jamais avalé. Je n'ai alors plus le souci de décrire ces trucs réellement, mais ce que j'en ai gardé, la façon dont tout cela s'est transformé chez moi. Untel, se sentant visé pourra alors dire : "mais j'avais pas exactement dit ça". 

ON S'EN FOUT.

Ce qui compte, c'est moi, chéri. Pourquoi quelque chose comme ça a eu cet écho-là chez moi, pourquoi j'en ai fait ça.

Ensuite, comme vous êtes des lecteurs exigeants, brillants et spirituels, la blogueuse non anonyme ne vous livre pas un simple tissu d'exemples, elle en fait une histoire à part entière, à laquelle elle injecte une dose d'invention et de broderie, pour que ce soit plus joli. 

En résumé, la blogueuse humeurs non anonyme vous emmène dans une réalité très personnelle, dans ses perceptions, ses émotions, son propre flou auquel elle fait prendre différentes formes pour le faire exister autrement. 

Cette réalité très personnelle qui prend corps dans un blog est encore différente de la réalité très personnelle de la vraie vie. Elle la mobilise et y injecte autre chose, la remanie encore, la rend plus glorieuse, plus infâme ou moins lourde à porter. Tout dépend de ce que l'auteur veut faire de ce qu'il a ressenti face à la réalité initiale (le truc qui s'est vraiment passé) : j'ai ressenti de la peur, je veux la transmettre, mais en même temps, je veux arrêter d'avoir peur. J'ai été énervée, je veux qu'on me comprenne, et qu'on s'énerve avec moi ainsi l'énervement passera.

Pour tout cela, le blogueur est prêt à tout, il met des guirlandes à la réalité, de la musique qui angoisse, il rend les animaux gobeurs de carte vitale, devient un serial killer nocturne ou prive de sucette un enfant pénible. 

On a quitté la réalité, mais le message est là.

J'ai stressé.

Je suis saoulée.

J'ai paniqué.

J'ai été déçue.

Je suis triste.

J'ai kiffé.

Les lecteurs, en majorité j'ose l'espérer, ne se soucient aucunement de savoir si l'ami que je décris est en réalité une amie, s'il c'est bien un déjeuner que j'évoque et pas un dîner. Ils comprennent que non, je n'ai pas ôté des mains une sucette à un enfant qui prenait un malin plaisir à m'énerver, que je ne tente pas d'étrangler mon marido quand il fait semblant de dormir pour ne pas gérer les nuits des bébés, etc.

Le problème peut éventuellement surgir de ceux qui me connaissent et peuvent se sentir visés, et pas comme ils l'auraient souhaité.

Attends, le personnage que t'as évoqué, là, ce serait pas moi? Je ne me reconnais pas du tout (faudrait savoir).

On se sent visé, mais on ne reconnaît pas l'image qu'on voudrait donner de soi. On passe pour un con et on n'aime pas. Oui, personne ne sait que c'est moi, mais ça veut dire que c'est ce que tu penses vraiment de moi.

Voilà pourquoi, suite à deux-trois épisodes d'incompréhension (façon de parler), j'ai supprimé les récits évoquant des personnes.

Voilà pourquoi j'ai plus que restreint le nombre de billets. 

Un peu trauma, la meuf.

Alors, oui, ne jamais parler d'autrui en son absence, ce serait l'une des clés pour un apaisement général. Mais je ne peux que constater qu'un blog, le mien en tout cas, vidé de sa vertu de sas décompressif, de retraitement salvateur de la réalité, perd une bonne partie de sa substantifique moëlle.

Il me semble utopique et irréalisable de ne jamais parler d'autrui en son absence dans nos sociétés. C'est un magnifique principe, je le crois sincèrement, mais le chemin est trop long.

Parler d'autrui, cela ne signifie pas (pas seulement!) cancaner à son sujet, ce peut être simplement raconter un échange, évoquer un agacement, confronter des perceptions dans un but bienveillant.

Parler d'autrui, et c'est là où je veux en venir (pour les courageux qui ont suivi ce post), c'est surtout parler de ce qu'autrui produit sur nous, et donc parler... de NOUS.

Quand on parle des autres, on dit beaucoup de nous-mêmes et de notre façon d'être.

C'est mon cas, ici, je ne parle jamais d'autrui pour le juger, mais pour me comprendre, calmer mon esprit, me poser.

Je ne perds jamais de vue que l'autre que je décris pourrait être moi. Qu'il a des circonstances atténuantes. Que je pourrai en exprimer tout autre chose. Que je n'en livre qu'une perception, et momentanée.

De la même manière que je déteste, par exemple, qu'on me dise "C'est cool, comme je lis ton blog, ça me permet d'avoir de tes nouvelles", je ne veux réduire quiconque au portrait que j'en aurais dressé un jour, à cette vision qui aura été la mienne à cet instant-là.

La seule clé qui nous est accessible, je crois, c'est de réaliser que nous ne sommes jamais que des êtres humains, tous aussi faillibles.

Se calmer chacun avec l'image que l'on veut renvoyer, ce serait peut-être un bon début pour des relations plus sereines, non?

PS : je pense que je vais réintroduire Autrui dans mes billets, en dépit des risques. C'est chiant, sinon.  

 

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 23:25

"Je vous ai menti parce que je venais de mentir au Président".

Vous avez bien fait, Monsieur Cahuzac, ce souci de cohérence vous honore. Vous avez suivi une ligne de conduite jusqu'au bout, vous la pensiez juste, et c'est ce que nous retiendrons. 

Cette phrase nous offre plein de persectives, merci Jérôme pour cette leçon de rhétorique!

- Je peux savoir pourquoi tu te fous de ma gueule?

Je me fous de ta gueule parce que ça fait un moment que je me fous de ta gueule.

- Pourquoi tu ne m'as pas aidée?

Je ne t'ai pas aidée parce que j'ai dit à ta soeur que je n'allais pas t'aider.

- Pourquoi tu n'as pas voulu venir chez moi?

Je n'ai pas voulu venir chez toi parce que ce n'est pas ce que j'ai voulu.

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 01:33

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Le Monde? Désolée, je suis occupée et en outre, je ne souhaite plus intevenir dans les médias français. 


J'ai récemment eu affaire aux médias.

Oui, comme Bernard Tapie.

Ou Berlusconi, qui depuis aujourd'hui fait moins le malin avec ses soirées bon enfant (il est énervé par le verdict, 7 ans de prison annoncés, oui bon c'est sûr que ce côté je suis coupable/on me condamne, ça a un côté choquant).

Bref, pour vous resituer, et être un brin plus précise, j'ai eu par deux fois l'occasion d'être filmée pour LA TELEVISION NATIONALE. 

A deux reprises, je suis donc allée faire la publicité de Coupsdefood.fr, le blog que j'ai créé avec Lau et auquel collaborent nombre de plumes d'envergure.

Ou plutôt, j'ai été amenée à croire que je pourrais glisser un mot sur le blog dans des sujets autres, et c'est sur ce fol espoir que j'ai sacrifié l'idée que si je devais passer un jour à la télé, ce serait au minimum pour un discours de remerciement ("Le Prix Nobel de Chimie? Putain, merci, je m'y attendais pas!").

La première fois, ce fut pour une émission culinaire. Avec Lau, nous avions concocté un succédané de soirée dégustation Coupsdefood. Au final, le Jour J, on nous a indiqué que ah super, vous avez tout préparé, en revanche, on ne pourra probablement pas citer votre blog (mais "on fera le maximum") (phrase hilarante, les médias sont spécialisés en foutage de gueule, genre je te presse au max, mais pas forcément dans ton intérêt, et ça, tu le sauras au moment de la diffusion).

Première déception même si nous avons joué le jeu, l'objectif était aussi (on pense à nous, mais surtout à Autrui) (on ne se refait pas) de rendre service à la principale personne concernée par le sujet.

En parralèle, un célèbre magazine plus sérieux (quoique) que Voici et que je ne citerai pas (Le Point) m'a contactée dans le cadre d'un article sur les "Mauvaises mères". Sujet dont, vous le savez, je suis désormais une référence. J'étais alors en pleine immersion dans ma glande marocaine, j'errais entre mon transat, la piscine et le buffet quand la demande d'interview a surgi (par mail) (oui bon ils n'allaient pas m'envoyer un Grand Reporter) (ils savaient pas que j'étais au Maroc). Après une session "lèche" (vos articles sont vraiment drôles, justes, pertinents, brillants, merveilleux... etc. etc. etc. etc.etc., ils témoignent d'un nouveau courant machin machin...), le journaliste m'envoie une liste de questions hyper compliquées avec de la réflexion dedans et tout et tout.

Comme si j'avais déjà une seule fois réfléchi aux sujets dont je parle.

Je ne me souviens plus des questions, mais c'était dans l'idée :

- Avant d'avoir un enfant, aviez-vous décidé que vous prendriez le contrepied des manuels et autres livres de psychologie? Ouais grave, parce que je suis trop une rebelle. Je me suis toujours dit que le jour où j'aurais un enfant, je serais tout sauf exemplaire. Je lui donnerais des fraises Tagada en guise de petit dej (c'est vitaminé, on l'oublie trop souvent), je le laisserais traverser seul dès ses premiers pas et je ferais plein de bruit quand il dort pour le réveiller. Je crois que l'essentiel dans la vie, c'est de suivre ce en quoi on croit.

- Vous arrive-t-il de culpabiliser? NON, JAMAIS. Pouvez-vous me donner des exemples, car je ne vois pas en quoi il y aurait matière à culpabiliser?

- De nombreux blogs abordent ce sujet de "la bonne éducation" avec humour, dérision et extraordinarité comme vous le faites. Les suivez-vous? Avez-vous l'occasion d'échanger avec les autres "mauvaises mères"? Ecoute, chéri, je traite de plein d'autres sujets, comme de l'angoisse, de l'anxiété, de mes peurs et il m'arrive aussi de traiter de mes doutes. C'est mon panel humoristique. Donc non, je ne me considère pas comme faisant partie d'un mouvement révolutionnaire, je ne me balade pas seins nus sur le parvis de Notre Dame arborant un "Aboule les Tagadas si tu tiens à ton enfant" et bon, je suis très heureuse d'apprendre que je ne suis pas la seule imparfaite, mais j'essaie de raconter en priorité mes propres expériences avant de pomper celles des autres.

- Eprouvez-vous un plaisir à vous revendiquer comme une mauvaise mère? Oui, j'adore ça, le must étant pour moi de clamer que je suis une mauvaise mère tout en matant une série à la télé pendant que mes enfants viennent de tomber et de se faire très mal. 

- Peut-on être heureuse d'être mère sans être toujours épanouie? Non. Bien sûr que non. On ne peut pas être heureuse d'être mère s'il y a des moments où l'on stresse, où l'on s'énerve, où l'on est saoulée. Une mère heureuse, c'est-à-dire une bonne mère est forcément épanouie, même à l'heure du bain, à l'heure des repas, dans l'avion, etc. Je ne peux imaginer une bonne mère qui aurait des moments down. En ce sens, et je le revendique comme un kiff ultime, je ne suis pas une mère digne de ce nom et je ne culpabilise même pas (si tu dois mettre qu'un truc, mets ça, ça fait une synthèse toute prête pour ton article). 

- Est-ce que vous parlez du fait d'être une mauvaise mère entre amies, avec les mamans des autres élèves, etc.? Alors, je n'ai à ce jour pas émis le moindre stimulus en direction d'une autre mère d'élève. Quant à mes amies, oui, on en parle, on rédige actuellement ensemble un Que Sais-Je sur Les amies de la Belette sont aussi des mauvaises mères et le revendiquent avec plaisir : une posture sociétale révélatrice.

Imaginez-vous bien que j'ai demandé au journaliste si mon blog serait cité (cela signifiait que j'aurais bien aimé) (souci de justice) (j'aurais pu rester 10 minutes de plus à la piscine), ce à quoi il m'a répondu :

Au moins votre prénom, et le blog... Normalement, oui. (mais il fera son maximum).

Finalement, Pov Chou, son article n'a pas été publié du tout.

Je pense que les autres blogueuses n'ont pas trop apprécié le fait qu'on ne cite que leur prénom...

Enfin, il y a quelques jours, j'ai été filmée pour une autre émission. Un dîner filmé à peine la porte ouverte, au cours duquel j'étais supposée découvrir le lieu/la personne qui nous recevait alors que je me rends sur place une fois par semaine. Autant vous dire que le naturel était au rendez-vous, discuter comme si de rien n'était sous le viseur d'une caméra, micro sur tee shirt (enfin, sous), c'est particulièrement agréable et détendant.

Je sais pas vous, mais moi, en temps normal, je parle spontanément, sans filtrer mes conneries qui du coup sortent en flux plus ou moins continu. 

Mais là, me sachant scrutée, j'ai fait attention à ma spontanéité, je l'ai soupesée, travaillée, entretenue, proposée, et Moustache qui m'accompagnait a fait de même.

Hélas, à la diffusion, de notre blog point ne fut fait allusion, et de nos propos brillants seule une excroissance insipide fut relevée (la seule, l'unique, vous vous en doutez), pour lui comme pour moi.

Voilà pour mon expérience berlusconienne des médias. 

Ah, non, j'oubliais, un beau jour, j'ai remarqué des pics de fréquentation de mon blog, à une période où je n'écrivais plus (mes fameuses vacances marocaines). J'ai finalement appris que Louise, la blogueuse de raids-patisseries.com  dont je parle souvent ici avait cité ce blog dans un magazine féminin (ce dont je la remercie grandement et avec prosternation). 

Je suis donc beaucoup plus utile à moi-même quand je ne fais rien.
Les Inrocks viennent de m'appeler pour un portrait, j'ai dit non, du coup.

PS : pas la peine de chercher quelles peuvent bien être ces émissions, mon vrai médium, c'est ici. Au moins, ya pas de filtrage inopiné. 

 

 

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