Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 23:43

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Après ma semaine sur le snobisme, puis sur les journées de merde (thème non choisi), j'achève aujourd'hui celle sur les dîners qui sortent de l'ordinaire. 

Vous devez savoir que l'idée des semaines thématiques n'est pas de moi mais du destin. Je décide d'un billet le lundi, et hop, il se trouve que tout s'enchaîne dans le même ordre d'idée. J'aborderai demain le sujet des super cadeaux offerts par mes amis. 

Avant d'oublier, juste un petit mot à l'attention de Pilar qui s'est étonnée de mon dernier article  Dîner sous les étoiles : "C'est quoi cet article même pas 2d degré ?! Hyper romantico-sérieux et qui donne faim ? Bitchy Belette, sors de ce post, par pitié et reviens redonner du lustre à ma médiocité." Pilar, c'était du 16è degré, parce qu'en réalité, le côté super resto-service au top-cadre magnifique-cadeaux pile-poil (ça, c'est le pire), je trouve ça franchement surfait, et crois-moi j'aurais largement préféré rester à la maison discuter avec ma nounou qui vient de nous planter et son fils qui vient de (tenter de) nous voler nos ordinateurs portables...

Bon, sinon, samedi soir, j'ai organisé, avec l'aide de ma compatriote de brunch Pup, la première session des Dîners des Merveilleux Dégusteurs (oui oui dégusteurs, j'allais quand même pas mettre dégustateurs).

J'ai un peu la flemme de résumer, donc je vous invite à lire le compte-rendu très fidèle de Ginger (t'as oublié le plasma dans l'entrée).

En gros, étaient conviées des personnes ne se connaissant pas pour la plupart (mais ayant toutes quelque chose de belette) (aimant toutes grave bouffer). Ces personnes avaient pour mission d'amener deux versions d'un même truc sucré (bio/pas bio, maison/surgelé, industriel/pâtisserie, bas de gamme/haut de gamme...). 

DSC09471.JPGPup et son panier.

En premier lieu, un buffet salé a été proposé, plutôt frugal (en particulier les fromages de ma fromagerie qui tue) pour que tout le monde n'arrive pas en rampant à la partie sucrée. 

Le Gnou a amené force sushis (j'ai tourné deux fois la tête et il n'y en avait plus que deux) (je tourne beaucoup la tête). 

DSC09473.JPG Force sushis. 

Comme tout le monde avait un côté belette, tout le monde était excessivement sympa, donc la soirée s'est excessivement bien passée.

Ex de discussion spirituelle et impertinente (le côté belette, toujours) :

Moi au gnou - Alors, comment va Fernando? 

Le gnou - Bah, écoute, pas trop mal. 

Moi (hurlant façon poissonnière en fin de marché) à tous - Fernando c'est le copain du gnou qui a gagné au loto. Le gnou a un copain qui a gagné AU LOTO.

Tous - Combien? 

Le gnou - 15 millions. 

Tous (déçus) - ah, ok. 

Le gnou - Nan mais ya 10 ans, ça faisait vachement. 

Tout le monde y va de son petit "Moi, ça me suffirait", et puis, le gnou indique que statistiquement, ayant un ami qui a gagné au loto, il lui reste moins de chances de gagner (on ne peut pas être deux meilleurs amis à cocher tous les bons numéros).

Et comme le gnou ne supporte pas l'idée d'être le seul à ne jamais pouvoir gagner au loto de toute sa vie, il nous contamine et hurle à son tour qu'il a un ami qui a gagné, pour que toute la pièce soit désormais statistiquement dans l'impossibilité de pouvoir faire refaire un jour le toit de sa maison. 

"Si je connais quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a gagné au loto, je ne peux gagner" : vous avez saisi jusqu'où on peut aller intellectuellement juste parce qu'on vient de manger des sushis à l'omelette?

Alors que tous les participants étaient occupés à se trouver des points communs (Toi aussi t'as vécu 5 ans en Chine? Non? Euh, t'habites à Vincennes, alors? Non plus? Euh, t'as déjà utilisé une gomme pour effacer un truc?), Pup a indiqué qu'il était temps de gagner la Salle de dégustation imaginée, conçue et mise en scène par Pup elle-même (je mets en gras parce qu'elle a été très sympa de se sacrifier pour tout préparer pendant que je passais mon temps à dire des conneries dans le salon). 

Pup a dégainé une grille permettant à chacun de consigner les réponses au test consistant à retrouver l'origine de chaque produit. 

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Cadrés, aiguillés et pilotés par Pup qui a décidément un grand talent pour dissimuler, escamoter, berner (il fallait voir comment elle avait coupé le flan pour qu'il soit impossible d'en détecter visuellement la provenance), les dégusteurs ont consciencieusement tout goûté, scruté, commenté : un brunch était en jeu. 

DSC09480.JPGPup la dépeceuse. 

DSC09476.JPGMaison ou surgelé?

DSC09478-copie-1.JPGIndustriel ou pâtisserie?

DSC09481.JPGChocolat haut de gamme ou bas de gamme?

Et puis, chacun a rendu sa copie, après avoir testé ses connaissances sur 15 produits (déclinés en deux versions)(plus une salade de fraises amenée par quelqu'un qui n'avait pas compris le concept)(mais c'était bon). 

La palme de la difficulté fut remportée par les muffins bio/non bio et la mousse au chocolat Nestlé/Bonnat (très haut de gamme) (moi j'ai reconnu le haut de gamme) (mais c'est parce que c'est moi qui avait fait les mousses) (j'ai reconnu le récipient).

Les écueils : flan de chez Kayser plus mauvais que celui de chez Picard, l'eau bio versus l'eau du robinet (avec une question : euh c'est quoi de l'eau bio? ), tarte aux pommes Carrefour bien meilleure que celle de la pâtisserie (mais pas une bonne pâtisserie, exprès), tarte aux framboises d'une pâtisserie qui utilise des fruits surgelés (alors ça devient difficile à distinguer de Picard...), etc.

Les points faciles : éclair au chocolat surgelé versus éclair classé dans les 5 premiers de Paris par le Figaroscope. Cake au citron d'une pâtisserie à s'évanouir versus cake secos surgelé. 

La question gastro : champagne excellent versus champagne excellentissime (blanc de blancs). 

Avec l'aide du hasard et de la providence (réponses au pif + 2 heures assise à côté de Pup pendant la préparation, soi-disant pour lui tenir compagnie), la grande gagnante de la soirée fut la renarde. 

Cependant, pour les raisons évoquées ci-dessus, des clameurs se sont élevées, provoquant un rebondissement inattendu. 

La Renarde, personne n'est dupe, t'as passé toute la soirée à mater les découpages de la dépeceuse. 

OK. Test à l'aveugle sur mes deux erreurs. Si je gagne, vous fermez vos grands orifices buccaux. 

DSC09491 2Le courage de la renarde. 

La renarde a accepté de remettre en jeu son titre pour démontrer sa probité. 

Et la renarde qui disait pas plus tard que 30 mn avant le début de la soirée "Je peux pas venir, je suis trop faible et je ne peux plus avaler de sucré", a remporté devant une assemblée médusée (dégoûtée) (un brunch avec Pup et la Belette, le rêve d'une vie) le titre de Dégusteuse Ultime. 

La soirée s'est achevée avec la perspective d'un nouveau round à la rentrée. 

Un grand merci à tous les participants qui a défaut d'être ultimes, ont fait grave monter la mayonnaise. 

 

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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 00:18

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A l'occasion de mon anniversaire, j'ai été conviée par mon marido à dîner au Baudelaire, restaurant étoilé Michelin du luxueux hôtel Burgundy. 

Le cadre : superbe, nous étions dans le patio. Temps idéal, notes discrètes de piano. Ambiance feutrée.

Le service : parfait, pro, ni coincé ni je te tape dans le dos, prévenant, attentif, sans excès (première fois qu'on nous demande en fin de repas si le menu dégustation nous a plu, que le serveur s'est réellement attardé sur notre réponse, puis a cherché à savoir si nous étions également satisfaits des quantités). 

Le repas : très bien dans l'ensemble mais rien de mémorable, une étoile méritée (précision des cuissons, mélange intéressant des textures) mais selon le Champignon hors saison des points à revoir avant de se double étoiler (un peu trop de fleur de sel, un peu trop de saveurs différentes, quelques associations pas forcément heureuses, des petits ratés comme une crème trop froide par rapport au reste ou une couche de sucre jolie mais désagréable à manger, restant collée aux dents).

Impression d'ensemble : magnifique soirée (et pas seulement parce que trois petits cadeaux pas inintéressants m'ont été offerts en fin de repas), un lieu où l'on se sent incontestablement bien, où luxe et simplicité font bon ménage.

Pour ceux que ça intéresse, le menu en images...

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Mise en bouche

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Les légumes de printemps de "Joël" en salade, sel au céleri, aigo boulido, jeunes pousses de salade

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La Saint-Jacques de plongée d'Ecosse, mousseline de chou-fleur, citron caviar, noisettes

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La terrine de foie gras de canard des Landes, mangue marinée, sel noir, pain au maïs

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Le turbot sauvage de petit bateau, artichauts poivrade, févettes, pomelos confit, olives taggiasche

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Le pigeonneau de la Ferme d'Urruty, petits pois à la française, verveine, coeur de rougette

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La verveine en parfait glacé, fraises des bois et blancs en neige vaporeux

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(Duo de crottes) Le chocolat lacté en tuiles croustillantes, noisettes fraîches, citron jaune

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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 11:59

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Bon, je fais l'impasse (il faudra qu'un jour on soumette aux étudiants de Normale Sup la question cruciale de "L'utilisation de "Bon" en démarrage de tous les billets de la Belette") sur la fin de la semaine dernière qui nous a menés loin, très loin, dans la déception (à un moment donné, alors que nous étions déjà du genre très loin et qu'on pensait s'arrêter là, eh bien, figurez-vous qu'un rebondissement inattendu nous a permis d'aller encore plus loin). 

Une éclaircie cependant puisque nous avons été conviés mon marido et moi-même (moi en tant que la Belette, et mon marido en tant que marido) à un dîner lillois réunissant des imposteurs chevronnés (je m'engage d'ailleurs à inaugurer toutes les initiatives de ce genre pourvu qu'elles soient dans le cadre du Centre Mondial de l'Imposture que j'ai l'honneur de présider).

Je ne connaissais pas Lille, contrairement à mon marido qui s'y est rendu deux jours/semaine pendant 2 ans dans le cadre de son boulot (ce qui ne l'a pas empêché d'en être au même niveau que moi dans son expertise lilloise) (nul) (et encore, moi je savais qu'il y avait un célèbre vendeur de gaufres). 

Quand nous sommes arrivés, aux alentours de 13h, tous les Lillois sans exception étaient dehors (et dans la même rue que nous). A Lille, on se prosterne quand il fait beau. 

Au resto (surtout pour faire manger Chouquette, parce que moi, je ne suis pas très resto, une pomme farineuse me suffit), le serveur est très gentil et attentionné. Il propose à Chouquette une assiette sur-mesure. 

- Si tu veux, je te mets un peu de poulet, et 10 frites. 

- Oui, oh, 11 éventuellement (j'essaie de me mettre au diapason de l'humour local).

Quelques instants plus tard, il revient avec l'assiette, un peu de poulet et... 10 frites. 

Merde, je suis nulle en humour lillois. 

Pendant les quelques heures qui ont suivi (promenade-shopping dans le Vieux Lille), j'ai été surprise par les contrastes. Nous sommes passés de personnes extraordinairement sympathiques à extraordinairement pas. 

Je me permets donc un bilan sociologique pointu, fruit d'un constat fort de plusieurs minutes et d'au moins 8 personnes concernées. 

A Lille :

- SONT TRES SYMPAS les vendeuses de chaussures, vendeurs d'huile d'olive, serveur de restaurant à l'heure du déjeuner, étudiantes en short rouge qui indiquent le chemin, voisines qui ont choisi le blanc-manger aux fruits rouges

- SONT D'UNE ANTIPATHIE RARE les vendeurs du célèbre gaufrier Meert (gaufres à offrir à des connaisseurs, vu le prix), vendeuses de chocolats, dames qui vont aux toilettes, gardiens de musée, serveurs à l'heure du petit dej

Merci aux Lillois d'étayer notre étude.

Je vous épargne la description de l'hôtel, légèrement en deçà de l'esprit palace. Mais on a eu de l'eau chaude et on a dormi, alors nous étions heureux (une deuxième pomme farineuse, et j'aurais pu mourir de bonheur). 

Arrivés au dîner d'imposteurs organisé par une blogueuse surnommée Albane (et que je ne connaissais jusqu'alors que virtuellement), nous avons fait la connaissance de son mari, de Ginger  ainsi que de Gustav Borjay et nous avons tous ressenti les mêmes choses, à savoir : 

- quand on "connaît" quelqu'un par son pseudo, impossible de s'en défaire

- quand tout le monde est très content de se rencontrer en vrai, tout le monde passe ensuite une très bonne soirée

- c'est un peu étrange de connaître des gens via leurs blogs avant de les rencontrer, mais finalement nous sommes tous assez limités dans notre faculté de dédoublement puisqu'on s'est grave reconnus...

- une expérience à reproduire, parce que muy bien

Petite note personnelle : mon marido et moi-même étions entourés de centraliens, polytechnicien et avocate qui tue, du coup on a pu se lâcher sur des sujets très ardus comme la vendeuse de chocolats qui a été hyper méchante avec Chouquette vous trouvez ça normal vous, une vendeuse de chocolats méchante avec des enfants? 

18-avril-0267.jpg Fille en short rouge sympa selon notre étude

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 09:50

Bon, euh, hum (ça, c'est pour mon ressenti du jour). 

Est-ce que vous me croyez si je vous dis que ma nounou-femme de ménage :

- fait dramatiquement bien le ménage et s'occupe dramatiquement bien de mes enfants

- met de la bonne volonté dans TOUT ce qu'elle fait 

- passe son temps à se demander comment elle peut faire plaisir à tout le monde

- a 12 bras pour pouvoir faire 1000 choses en même temps

- ne compte pas ses heures 

- achète des trucs qui manquent comme du lait en poudre ou des couches et ne voit pas pourquoi je les lui rembourserais (je suis obligée de finir par me justifier "Mais vous avez fait 188 heures en plus, je peux bien vous rembourser le lait de ma fille enfin!)

- a trimballé à 22h ma grosse valise dans tout Paris le jour où j'ai accouché (parce que la personne qui devait le faire ne l'a pas fait...), puis est revenue le lendemain (un samedi) juste "une minoute pour voir le bébé" (après s'être tapé 1H pour venir et avant de se retaper une heure pour aller faire du repassage chez une dame)

- sait que vous partez un dimanche en voyage, alors vous dit "Demain, je viendre aider vous pour valise et mon fils porter valises pour vous" (là, vous dites mollement "Mais non, il faut que vous vous reposiez, c'est hors de question", alors, elle demande à quelle heure elle peut venir et vous répondez "Oh, 9h, ça ira"). 

- est super déçue quand vous lui dites que vous allez lui laisser votre fille à dormir chez elle un soir et que vous changez d'avis ("La prochaine fois, vous dites que si c'est sûr, sinon je suis très triste")

- a une tonne de (bonnes) initiatives. Elle a vu la météo, elle a acheté une nappe et des trucs sympas à manger pour les enfants "parce que aujourd'hui cette très bien pour pique-nique, nous aller Parc Monceau"

- vous dit que depuis qu'elle est chez vous, elle a "trois enfants" et que Crumpette est "10%" que à elle

- jongle avec un nombre incroyable de contraintes qui changent chaque jour (4 enfants à garder, de 3 familles, tous à des jours et horaires différents et variant chaque semaine)

- dit oui à tout (commencer à 6h chez l'un, passer un week end à s'occuper du fils de l'autre, finir à 1H du mat le jour où elle a commencé ailleurs à 7H) (bon, après on compense hein) (enfin on la supplie de compenser) ("Demain vous venez à 14H, vous dormez le matin" "Mais non, je veux viendre le matin, je veux emmener Crumpette grande promenade!!!!").

- garde votre bébé pendant une semaine pendant que vous glandez sur un transat marocain (et quand vous rentrez, le bébé est au top, la maison a été nettoyée de fond en comble, elle a fait des courses "avec choses vous aimer beaucoup" et même préparé des plats "si vous avoir faim quand rentrez" et acheté des fleurs...). Vous lui dites "Merci pour tout" et elle vous répond "Ma pas dire merci, cé grande grande plaisir!!!!!!!!!!!"

- est aussi fiable que quelqu'un de votre famille 

Après 927 nounous castées, 24 testées puis éjectées, enfin, la voilà LA nounou, celle que "même pas en rêve je m'en sépare". 

Le programme? On poursuit le trip famille du bonheur, son fils vit quasiment chez nous désormais, Chouquette a un grand frère en plus d'une petite soeur, nous vieillirons tous ensemble sans prendre de rides. 

Hier, je m'apprête à déjeuner, elle vient et m'annonce qu'elle a quelque chose à me dire, mais a peur de ne pas y arriver, c'est trop dur. Je vois qu'elle n'est pas comme d'habitude quand elle veut me demander quelque chose (du genre me demander le 20 mars le salaire du mois d'avril). Elle me dit : "Ma cé autre chose, pas comme d'habitude" (ses yeux commencent déjà à s'excuser de ce qu'elle va me dire).

- Quelqu'un mé appelé de Suisse pour proposer moi gérante restaurant.

- Ah bah super, trop super, hyper super. 

- Ma cé très très difficile pour moi, je lui ai dites "Ma pourquoi pas me demander plus tôt avant que moi travailler avec la Belette?". Je ai pas encore décidé, cette très très dur pour moi parce que vous faites tout bien pour moi. 

- Mais si vous avez envie d'y aller, il faut y aller. Vous en avez envie?

- Ma cé le rêve de ma vie!

- (Ah bon, bah alors n'y allez pas). Bah, alors la question ne se pose pas.

- Et André (NDLR : son fils) lui vouloir retourner vivre en Suisse (merci de me délivrer maintenant cette information)

- Bon bah c'est parfait alors. Ce serait quand? 

- Ma vous prendre chose comme ça? 

- Vous me dites "c'est le rêve de ma vie et celui d'André", je ne peux pas vous demander de rester. Vous partez quand, donc? 

- Il voulait juin, mais j'ai dit juillet (vous auriez pu dire juin, j'aurais eu une bonne semaine pour tout régler). Ma jé sé pas, cé vraiment très très dur. Jé trouvé une dame pour me remplacer parce que je veux pas partir si vous avez personne (ah bon, si je trouve personne, tu dis au Suisse 3 jours avant que son resto, il peut se le garder?)

Je quitte la pièce pour gérer le léger afflux émotionnel qui commence à m'envahir (enfin, que j'ai réussi à contenir jusqu'ici) (plus ou moins) (à peu près la dernière nouvelle à laquelle je m'étais préparée).

Une minute après, Sandra vient me voir. 

- Je jamais oublié tout ce que vous faites pour moi, jamais, jamais, personne ne me faites tout ça, je pas vouloir partir pour ça. Même mes parents n'ont pas fait tout ça (NDLR : en janvier, elle s'est retrouvée du jour au lendemain sans appart, mec, boulot et fric). 

Elle pleure. 

Je pleure. 

On pleure. 

Quand un pur affect rencontre un pur affect (et qu'il y a compatibilité) (et aussi grand passif en casting de nounou), cela donne ça sur le reste de la journée :

Elle me voit, me parle et pleure (elle culpabilise) (elle peut).

Je la vois, lui réponds et pleure. 

- Vous jurer moi que toujours donner nouvelles. Je...mé... Cette trop trop dur. 

- La personne qui doit vous remplacer, je veux la voir. Aujourd'hui. 

- Ma déjà, aujourd'hui? 

- Oui, vous me dites qu'elle part mardi jusqu'au 23 juin. Je ne peux pas prendre le risque d'attendre. Et elle doit aussi rencontrer les 64 autres protagonistes de l'histoire.

- OK, je vais demander. Ma, et aussi... Je vous dois beaucoup argent (certes), je vouloir tout rembourser (je comptais, avec les années, diluer la somme de manière à la faire disparaître, mais finalement, je ne vais rien diluer du tout)

Voilà, deux heures après L'ANNONCE, surgit la potentielle remplaçante. 

Sandra, les larmes aux yeux, lui explique son rôle. 

Moi, les larmes aux yeux, je lui développe la spécificité du job puis finis par résumer ce que j'attends d'elle en une phrase.

En fait, je veux que vous soyez Sandra. 

Claudia (la nouvelle) s'est montrée très souriante et vive. Pas évident dans le contexte émotionnel légérement chargé...

Elle m'a semblé vraiment pas mal. Mais bon. 

Quand je pense que pas plus tard qu'hier matin, j'en étais à ma 8è tentative d'approche avec mon marido pour qu'on offre à Sandra son billet d'avion pour aller en vacances au Portugal...

Je ne sais plus qui a dit "Quand tout va bien, c'est louche, on a toujours peur qu'il se passe un truc", mais c'est faux. 

J'avais pas du tout peur que ça s'arrête, l'idée ne m'avait même jamais effleurée. C'est ça, une relation de confiance. 

PS : je ne pensais pas faire une thématique sur les journées foireuses, mais parfois, et c'est une chance pour l'ECRIVAIN, les thèmes s'imposent d'eux-mêmes. 

 

 

 

 

Par labelette - Publié dans : L'angoisse du jour - Communauté : Fourre-tout * inclassable
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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 12:16

Si je n'ai pas fait Harvard, c'est pour un grand nombre de raisons :

- Je venais de refuser Yale et Princeton, je ne vois pas au nom de quoi j'aurais daigné aller à Harvard

- Ces maisonnettes étriquées où s'entassent au moins 2 étudiants, désolée, c'est pas du tout mon truc

- Je ne voulais pas prendre le risque qu'on ne m'aime que pour ma supériorité universitaire

- Je n'avais plus de place sur mon CV et j'avais peur qu'à force de faire dans la diversité (j'avais déjà noté Polytechnique, l'Ena, Les Ponts et Chaussées, l'Ecole Supérieure de la Magistrature, l'Ecole des Chartes et une multitude de doctorats), je ne sois plus crédible (mais j'y peux rien moi si mes compétences n'ont pas de bornes)

- Je connaissais déjà tout le programme, je ne voyais pas l'intérêt de perdre du temps

- La bouffe sur place est paraît-il sans plus, et je n'aurais pu le supporter plus de 24h

- Cela aurait été trop compliqué de faire des allers-retours le dimanche pour bruncher à Paris avec Pup

- Les Etats-Unis ont au moins trois ans de décalage dans les Feux de l'Amour, je n'aurais jamais eu le temps de tout rattraper (Quoi? Jill qui était finalement la fille de Katerine n'est finalement finalement pas sa fille? )

- Les grands espaces verts du campus pour s'oxygéner entre deux cours, bof, je préfère les rues polluées de Paris pour que mon cerveau reste bien encrassé

- A Harvard, tout le monde parle 8 langues (en plus de l'anglais, de l'allemand, de l'espagnol et du français) et fait plein de sport, et sur ces points je ne vois pas en quoi je suis différente donc autant rester là

- C'est vraiment gnan-gnan de dire "J'ai fait Harvard", alors que "J'ai rien fait", ça donne un côté réservé et mystérieux 

- Dans ces endroits-là, je ne suis pas très à l'aise, personne ne glande franchement

- Mais surtout, surtout, à Harvard, il ne se passe VRAIMENT RIEN D'INTERESSANT (alors qu'ici, je peux passer mes journées avec des serruriers chinois, glander dans le 15è arrondissement ou prendre un goûter au Plaza Athénée) (et aussi faire d'autres trucs).

Par labelette - Publié dans : Arrête ton baratin - Communauté : PolitikementKorect
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  • : 28/02/2011
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